Pianella à l’épreuve du Montenegro Mountain Madness
Déjà un an
Un samedi matin, je reçois un message de Matt. Il m’envoie une publication du Montenegro Mountain Madness (MMM), une course d’ultra en VTT. Des images qui donnent clairement envie de partir à l’aventure, très très loin de Nice, vous vous en doutez.

Matt m’écrit simplement : « On le fait ? »
Et là, sur un coup de tête, je nous inscris. Sans regarder les détails. Sans même savoir comment s’y rendre. On se dit qu’on aura bien le temps de voir ça plus tard.
Sans le savoir à ce moment-là, on allait lancer, révéler et tester notre tout premier VTT en acier Pianella, loin, très loin de notre zone de confort.
Bon… on y va comment, au Monténégro ?
Puis la date approchait. Il était temps de regarder où était le départ, combien de temps ça allait prendre pour traverser toute l’Italie, la Slovénie, la Croatie et la Bosnie. Autant dire pas mal de kilomètres, d’heures à écouter le super mix YouTube de Matthieu, et à tester les aires d’autoroute de chaque pays.
Tout ça pour la course de VTT la plus dure qu’on ait jamais faite.
On est partis complètement insouciants, en se disant que ça allait être “un peu comme chez nous”, une montagne c’est une montagne… Pas du tout.
Six jours à traverser un pays totalement inconnu. Des journées sans croiser âme qui vive. Des heures à rouler seuls dans les steppes, avec le vent, les montagnes à perte de vue. Et sans parler des pentes… très raides. Vraiment très raides.
Pourquoi 6 jours ? Pas plus, pas moins.
Quand on a reçu la trace, on a vu qu’elle était déjà découpée en 6 étapes. Et surtout qu’au bout de ces 6 jours, il y avait une pizza party à l’arrivée, au bord de la baie de Kotor. Ça a suffi à nous convaincre.
On s’est dit : autant faire ça en 6 jours, pas besoin d’arriver plus tôt. Et surtout, c’étaient les seuls moments où on passait par des villes pour se ravitailler et dormir.
Notre stratégie : voyager léger et dormir tous les soirs dans un vrai lit. Donc on réserve tout à l’avance.
On s’imaginait arriver vers 18h, prendre un verre, profiter…
En réalité ? On n’est jamais arrivés avant 19h, 20h.
Il est temps de rouler.
La veille du départ, on arrive tard, vers minuit, et on se gare au bord de la baie de Kotor. Le lendemain matin, on part tôt pour rejoindre le point de départ.
Au programme : 100 km et 1500 m de D+ pour rejoindre la capitale du Monténégro, Podgorica.
On arrive dans l’après-midi, tout le monde est à l’hôtel : retrait des dossards, premières rencontres. L’ambiance est super cool… et il fait une chaleur écrasante.
Le soir, on partage une pizza avec un petit groupe avec qui on sympathise. Ça paraît improbable : avec nous, Adrien Liechti, le fondateur de Bombtrack et son équipe, et des inconnus qu’on retrouvera à la fin de la course.

Jour 1, départ.
Départ à 9h. Il fait déjà très chaud (oui, vraiment).
On attaque direct par un col sur la route. Les premiers partent très vite, ceux qu’on ne reverra plus jamais. Puis le groupe s’étire, chacun à son rythme. Beaucoup souffrent de la chaleur. Nous, on a l’avantage d’être habitués à Nice.
Après 3 ou 4 heures de montée, on arrive sur un plateau désertique et on s’arrête dans une auberge improbable : le “Chikago”. Un couple tient la petite auberge, leur fils vit à Chicago, d’où la déco américaine en plein milieu de nulle part. Tiny houses, chevaux en liberté… irréel.
On mange beaucoup trop, et on s’attarde beaucoup trop longtemps. Omelette géante, saucisses, fromage… mais c’est un super moment. On croise encore pas mal de riders qui s’arrêtent comme nous.
Puis on attaque une piste ultra raide. On pensait connaître les pentes raides à Nice… mais là-bas, c’est du 20, 25, parfois 30 %. Matt roule tout. Moi, je pousse. Même à pied, c’est dur…
Première vraie section VTT, piste cassante, décor complètement fou. On sent qu’il se passe quelque chose, qu’on s’éloigne de tout.
Les journées s’allongent, les souvenirs se mélangent.
Le premier soir, on termine par un dernier col sur la route et on arrive dans un petit hameau qui ressemble un peu au col de Turini. Des vieux hôtels figés dans le temps.
On avait réservé une petite cabane. On est les seuls clients. Une dame et sa fille tiennent l’hôtel, tout est fait maison. On dîne dehors, sous une terrasse abritée, en short et doudoune. Cette sensation incroyable de fin de journée : rincés, affamés, épuisés… mais complètement détendus.
Le lendemain, petit-déjeuner gargantuesque : goulash, patates, viande en sauce. Un vrai repas de dimanche midi. On repart à 8h, le ventre bien plein, sandwichs dans les sacoches, et une belle montée devant nous. On se dit déjà qu’on part trop tard… on fera mieux demain.

Petit à petit, on s’organise.
Matt s’occupe de l’entretien des vélos. Moi, des réservations, des points de ravitaillement.
On part plus tôt, on range mieux, on mange comme on peut. Les stations-service nous sauvent souvent, surtout grâce à leurs compotes taille XXL (même la portion enfant est énorme).
Les journées sont dures et se confondent.
Je me souviens de cette matinée où je n’allais pas bien… et de cette seule vraie ville du séjour, où un bon petit-déj et le deuxième Coca de ma vie m’ont littéralement sauvée.
Puis le parc du Durmitor. Station de ski abandonnée, ambiance parc national à la canadienne (en tout cas comme je l’imagine). Des gardes à l’entrée nous font payer un droit de passage. Cette journée est interminable. On termine par des tunnels le long de gorges magnifiques… mais sans éclairage. Effrayant et dangereux, surtout avec les portions de route.
Le soir, petit village au bord d’un lac. On mange bien, encore une fois. Un Anglais qui fait la course nous rejoint pour une bière, l’un des deux amis qu’on croise tous les jours. Deux quinquas qui se tirent la bourre chacun de leur côté, pour toujours finir au même endroit. On a adoré suivre leur aventure et eux la notre.

La journée de tempête.
Et cette journée, tu te souviens ? Dès le matin, le ciel était menaçant. Plus on montait, plus les nuages s’assombrissaient. Chez nous, on aurait fait demi-tour. Là, impossible…
Au sommet, on trouve un minuscule refuge. Hyper local. On ne parle pas la langue, mais la femme nous fait asseoir et nous sert sans demander : plusieurs viandes, légumes, fromage type feta, café turc. Ils nous conseillent de rester dormir, mais on continue : ce n’est que le début de la journée.
S’ensuit une journée complètement dingue : soleil, pluie, vent, brouillard, grêle… en boucle. Aucune photo. Il fallait juste avancer. Serrer les dents. Espérer à chaque éclaircie.
On arrive finalement avec le soleil. Couverts de boue. Épuisés. Soulagés.

Dernier soir.
Dernier soir de la course. Une vieille ville, une ambiance d’ex-Yougoslavie, camps militaires abandonnés, architecture lourde… puis les touristes.
On dort au bord d’un lac. Au calme. On repense à la journée. On éclate de rire en se disant qu’on ne fera pas la course prévue en septembre. Une par an, ça suffit.
Bref.
C’était dur.
C’était incroyable.
Je ne l’aurais pas fait seule.
Et surtout, on est super fiers de l’avoir fait avec Pianella, qui a été pour nous le vélo parfait.
J’oublie beaucoup de détails et je reviendrai peut-être dessus dans d’autres articles. Mais l’ambiance et les émotions sont là. C’est le bordel, tout est mélangé, et chaque fois qu’on en reparle, on se mélange encore. On se dit : tout ça, c’était une seule journée ?
Bref, on se demande quand même quel sera notre prochain défi pour 2026.
