Le petit Pilgrimage
Les Ecrins, des vélos et des copains
Ca va bientôt faire 4 ans qu’on a découvert Puy-Saint-Vincent et son terrain de jeu, le parc des Ecrins, l’ancienne route du Galibier, la vallée de la Clarée, Montgenèvre..bref de quoi se régaler à vélo ! Des pistes qu’on a parcouru à chaque Pilgrimage mais cette fois on a demandé à Simon (un des fondateurs) de nous faire un programme spécial rien que pour nous sur trois jours pour profiter…et faire découvrir aux copains ce lieu magique.

Le dimanche on arrive vers midi à l'Hôtel Saint Roch, camp de base du séjour. On est les seuls clients avec un autre groupe de vélo, la station est endormie. On casse la croûte et on part rouler direct. Simon nous accompagne et bien sûr rien ne va se passer comme prévu.
Le parcours initial de 42 kilomètres sera légèrement réduit, la vue au sommet de la Pousterle ce sera pour un autre jour, et l’un des nôtres devra rentrer plus tôt que prévu. Bref un ride plutôt normal ! Bien sûr, toute la descente se fait à fond dans les rires, on longe la rivière par un single de vtt, puis on remonte la route en plein soleil pour retrouver la piste. A ce moment-là, Antoine commencera à voire double et sera obligé de faire demi tour victime d’une insolation. Le reste de l’équipe continue sur la bonne route avec quelques sorties de parcours pour explorer des chemins de vtt et se lancer quelques défis de montées bien raides. Puis une fois au plateau on descend dans la forêt, première crevaison ! On repart mais on aura pas mal tardé tout le long du parcours alors on décide de rejoindre l'hôtel et prendre des nouvelles de Antoine.

Max et Robin testent la température de la piscine, un peu froide à mon goût. Puis on passe à l’apéro en terrasse. Vue sur la station. On a déjà déconnecté comme si 24h était déjà passé. Au moment du repas, à table on est servi comme des rois, même si ce soir ce n’est pas Anne le chef, elle n’est pas loin. On mange, on boit, on rit…puis certains passent une soirée plus agitée que d’autres.

Lundi, ça y est c'est la vraie journée ! Au menu 3110 m de D+, 85 kilomètres et ravito au lac de l'orceyrette à presque 2000m… Mais bon avant d’arriver jusque là haut, il faut que toute la troupe se réveille, émerge de sa nuit, déjeune et se prépare. On décolle vers 8h30, 9h pour une grosse journée. La premier partie je la connais bien mais dans l’autre sens, on commence par la route en descendant puis il faut bien entamer une première montée par la piste, le massif de Montbrison, l’ancienne route de Briançon, on entre dans la forêt, tout autour des pics, des rochers, ca sent les spots d'escalade.

Mais on reste sur la piste jusqu’à ce que la trace de Simon nous fasse passer par un chemin étroit de vtt, la promesse de quelques “hike a bike”. Sinon ce ne serait pas un petit Pilgrimage.

On arrive finalement à la boulangerie de Briançon vers midi… ou peut-être 13h, je ne sais plus exactement. Simon et Anne nous ont promis un ravito dont ils ont le secret, alors hors de question de dévaliser la vitrine de sandwichs bien appétissants. On se contente d’un soda, d’un café et de quelques bouts de pizza avalés sur le trottoir avant d’attaquer la deuxième montée ; 1 000 mètres de D+, histoire d’ouvrir encore un peu plus l’appétit.

Le groupe s’étire petit à petit, chacun trouve son rythme. Je reste plutôt à l’arrière avec Nico et Antoine. Puis, au détour d’un virage, on retrouve Matt et Gaël qui nous attendent juste avant le lac. Et là, comme souvent en montagne, tout change d’un coup. On oublie les jambes lourdes, la sueur et les passages raides. La piste devient plus roulante, légèrement descendante, et le décor prend toute la place.

On longe le lac de l’Orceyrette, perché à 1 927 mètres d’altitude. Les sommets autour sont encore parsemés de neige. C’est trop beau.
Au loin, on aperçoit un parasol rouge. Une table est dressée avec une nappe. Et de l’autre côté de la rivière, les copains déjà installés. On traverse en se mouillant un peu les pieds pour rejoindre le reste de la troupe.

Et là… Simon et Anne nous ont préparé un véritable festin.

Hot-dogs maison, sauce piccalilli, tartes salées, saucisson, salade garnie de fleurs comestibles, je crois même qu’il y avait des capucines. On se passe les plats, on surcharge les pains de tout ce qui nous tombe sous la main et on dévore.




Puis vient le moment où plus personne ne bouge. Certains s’allongent dans l’herbe, d’autres contemplent le paysage. Franchement, difficile d’imaginer un meilleur endroit pour une pause déjeuner. On pourrait presque décider de terminer la journée ici et figer l’instant.
Max se prend pour Superman avec un plaid en guise de cape. La Moka commence à fumer. Anne sert les cafés pendant que circulent les derniers gâteaux.


Vraiment, tout pourrait s’arrêter là.
Mais un refuge nous attend là-haut et il va bien falloir aller le chercher.
On repart le ventre plein. Il fait chaud. La descente ne dure pas bien longtemps et nous voilà de retour dans une succession de montées et de descentes, direction L’Argentière-la-Bessée, là où débute la dernière ascension de la journée.
Petit bilan à ce moment-là : environ 75 kilomètres au compteur, déjà 2 300 mètres de dénivelé positif dans les jambes… et il reste encore 800 mètres à grimper jusqu’au refuge.
Vu comme ça, ça pourrait paraître un peu ambitieux.
Mais quand on sait qu’une fondue nous attend au sommet, chacun trouve rapidement sa motivation.
La montée démarre sur une petite route bien raide avant de longer les falaises et de s’enfoncer progressivement dans la montagne. La piste prend le relais. On traverse le Fournel à plusieurs reprises sur de petits ponts en bois et, virage après virage, on gagne de l’altitude.
La tête dans le guidon, je remarque les nuages qui commencent à s’assombrir. Je me dis qu’il vaut mieux accélérer un peu si on veut atteindre la fameuse bergerie avant l’orage.

On arrive finalement là-haut avec Matt. Antoine n’est pas loin devant et Nico suit de près. Comme d’habitude, Gaël, Robin et Max sont déjà installés… et ont même commencé l’apéro.
Les vélos sont rapidement mis à l’abri. Quelques gouttes viennent nous chatouiller mais rien de bien méchant. On découvre le dortoir, on profite d’une douche fraîche puis on redescend retrouver les autres pour célébrer cette grosse journée.

Finalement, il n’est même pas 19h. Tout le monde est arrivé avant que la météo ne tourne vraiment.


Le poêle à bois crépite doucement. On s’affale dans les canapés, on trinque, on refait la journée. Entre deux averses, on sort admirer un magnifique arc-en-ciel avant de rentrer se mettre à table.

Et là encore, Anne a vu les choses en grand.
Deux énormes caquelons de fondue au fromage arrivent au milieu de la table. On se sert généreusement, puis encore un peu, puis encore un peu. Après une journée comme celle-là, personne ne compte vraiment.

Ces moments-là font autant partie du voyage que les kilomètres parcourus. Se retrouver tous ensemble autour d’un bon repas, dans un refuge perdu au milieu de la montagne, loin de tout, après avoir passé la journée à faire ce qu’on aime le plus : rouler.
La soirée se prolonge tranquillement sur les canapés. Entre deux averses, on va même faire griller quelques chamallows dehors. Puis chacun finit par rejoindre son lit.

Le matin, certains auront un peu de mal à ouvrir les yeux et à trouver la motivation. Il faut dire que l’hôtel n’est qu’à 3 kilomètres. Mais Simon nous promet une vue exceptionnelle.

Alors après le petit déjeuner on remonte tous en selle et on le suit.
Direction le gros caillou qui domine le refuge.
Et franchement ?
Ça valait largement l’effort.
C’était bien.
Trois jours passés beaucoup trop vite.
Et au moment de redescendre, on avait surtout une envie : rester encore un peu là-haut.




Merci Simon et Anne.